Jacques Bosser « le souffle des kami,rétrospective japonaise »

Jacques Bosser "le souffle des kami,rétrospective japonaise"

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Date / Heure
Date(s) - 14/03/2019 - 27/04/2019
11 h 00 min - 19 h 00 min

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Pierre-Yves Caër Gallery qui est entièrement dédiée à l’art contemporain japonais, propose une exposition de Jacques Bosser. Le vernissage aura lieu le 14 mars de 18h à 21h.

Par son travail artistique, Jacques Bosser s’est constamment ingénié à faire dialoguer entre eux deux mondes – celui de la photographie et celui la peinture –, des cultures fortes – celle de l’Afrique, celles de l’Asie, celle de la Bretagne… –, deux dimensions de l’homme – le corps et l’esprit. Pierre-Yves Caër Gallery fait le choix de mettre l’accent sur l’influence du Japon dans l’œuvre de Jacques Bosser, en particulier sur ce lien invisible mais que la culture japonaise rend si prégnant entre le monde des esprits – les kami – et le monde des hommes.

Jacques Bosser découvre le Japon pour la première fois en 1997. Il a alors déjà beaucoup voyagé mais c’est un pays dans lequel il revient à de nombreuses reprises, notamment pour y exposer son travail. C’est aussi au Japon qu’il rencontre son épouse. Le lien avec l’archipel nippon se fait alors plus fréquent, plus intime et davantage marqué dans son œuvre. « Ce qui m’a tout de suite fasciné au Japon, c’est la place des mythes et des croyances. Quand on entend parler de l’esprit du vent, de l’esprit de l’eau, quelle poésie dégagée ! » se souvient l’artiste. Les symboles qu’il perçoit interpellent fortement son imaginaire.

Le mot même de kami en japonais signifie « ce qui est supérieur à la condition humaine ». Plusieurs mythes racontent comment ces kami apparaissent et créent le monde. Il s’agit pour les Japonais de divinités qui sont omniprésentes, particulièrement dans l’environnement naturel, et auxquelles ils rendent hommage de différentes manières, par le théâtre ou par des rituels religieux. L’artiste y fait référence dans plusieurs de ses séries, notamment à travers l’utilisation d’un vocabulaire visuel très évocateur de la nature. Jacques Bosser, dans ses peintures et ses photographies, nous invite à découvrir un monde d’énergies et de divinités kami.

Jacques Bosser est fasciné par les rapports de réciprocité. Les associations dans une même œuvre de photographies et de peintures sont ainsi pour lui une manière d’étudier les liens entre les corps féminins, toujours photographiés en noir et blanc, et sa graphie personnelle, très colorée. Tels des esprits ou des spectres, les corps des femmes, dont on ne voit jamais les visages, flottent dans un espace non défini. Jacques Bosser va même jusqu’à évoquer une « énergie » lorsqu’il donne à découvrir ces formes féminines aux nuances grises. Dans les nouvelles photographies-peintures, les modèles qui masquent leur visage derrière leur longue chevelure noire sont comme les symboles de la déesse Amaterasu, dont la légende dit que le visage éclairait le monde jusqu’à ce qu’elle décide de se cacher dans une caverne et de plonger le monde dans l’obscurité et le chaos.

Si Jacques Bosser travaille à la fois sur la photographie et la peinture, il aborde les deux médiums avec la même rigueur et dans une même approche artistique. Ses peintures sur caissons de bois sont constituées par la juxtaposition de couches de couleurs. De même, son travail photographique est un travail par plans, sans profondeur de champ : les plans ont tendance à se mêler les uns aux autres, de la même manière que le faisaient les estampes ukiyo-e, conçues par grands aplats de couleurs. Le caractère frontal des photographies est très marqué dans ses nouvelles œuvres, comme il l’était dans les séries « BTK » – où Jacques Bosser transforme Sue Tilley, la muse de Lucian Freud, en actrice de kabuki –, « Wax Spirit », « Heol » et « La princesse qui aimait les insectes » – une série directement inspirée d’un conte japonais éponyme. Le modèle se fait alors, comme au XVIIème siècle, l’incarnation des esprits, des mythes et légendes.

Ce sont ces mêmes mythes et légendes qui ont permis la création de mangas et que Jacques Bosser reprend en fil rouge dans sa série « Sakura Viper ». En faisant poser Charlotte Rampling habillée en héroïne de mangas, l’artiste propose un questionnement sur ces femmes qui souhaitent devenir des icônes et qui, pour cela, assument une hyper-sexualisation. Énigmatique, l’actrice pose devant une photographie d’un détail agrandi d’une peinture de l’artiste.

Pierre-Yves Caër a découvert le travail de Jacques Bosser en 1998 grâce à la galeriste brestoise Marie-Pierre Dilasser (galerie La Navire). En suivant régulièrement le travail de l’artiste, il mesure à quel point le Japon prend une part grandissante dans son imaginaire et ses créations. « Jacques Bosser s’inscrit dans cette lignée d’artistes ouverts aux cultures du monde. Ce que je trouve fascinant dans son travail, c’est de voir comment l’imaginaire d’un artiste occidental se laisse porter par la culture japonaise, et en même temps, comment cet artiste, imprégné de sa propre culture, interprète dans ses oeuvresles signes qu’il reçoit du Japon. Il a donc complètement vocation à être exposé dans notre galerie, dédiée à l’art contemporain japonais. »

Les kami sont à la source d’une culture populaire, artistique et religieuse au Japon. L’exposition « Le souffle des kami, rétrospective japonaise », proposée par Pierre-Yves Caër Gallery, souligne l’influence de cette culture dans le regard et l’œuvre de l’artiste, de 1997 à aujourd’hui.

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